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Posted by nidieunimail.com on July 22, 2008

Numéro 23 téléchargeable sur:http://lejournalenvolee.free.fr/

Le but du journal étant d'être lu, de circuler à grande échelle, l'argent ne doit pas être une barrière quant à sa diffusion. N'oubliez pas de prévenir si vous êtes transféré ou si vous sortez...
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<!-- ---------------- --> <!-- ---------------- --> <!-- BOUCLE EDITO --> Juin 2008 L&rsquo;ENVOLEE N&deg;23

EDITO

&laquo; Le s&eacute;curit&eacute; est la plus grande ennemie des mortels &raquo; William Shakespeare

On nous a d&rsquo;abord appris que la libert&eacute; &eacute;tait individuelle : La philosophie des Lumi&egrave;res, l&rsquo;id&eacute;ologie bourgeoise, celle de l&rsquo;&eacute;conomie marchande, a d&eacute;fini la libert&eacute; de chacun comme s&rsquo;arr&ecirc;tant l&agrave; o&ugrave; commence celle de l&rsquo;autre : c&rsquo;est le fondement du chacun pour soi contre tous les autres, de l&rsquo;esprit de d&eacute;merde individuelle, de l&rsquo;assurance aussi vaine que born&eacute;e qu&rsquo;on s&rsquo;en sort mieux tout seul, et donc de l&rsquo;impossibilit&eacute; d&rsquo;imaginer des solutions collectives. Celles-ci imposent que l&rsquo;on ait compris que l&rsquo;on ne peut pas &ecirc;tre libre tout seul.
Parler de libert&eacute; individuelle est un non-sens : la libert&eacute; est qu&rsquo;un rapport qui, en se d&eacute;veloppant, d&eacute;truit les murs de l&rsquo;individualit&eacute;. La libert&eacute; n&rsquo;est pas un &eacute;tat personnel, la libert&eacute; est un rapport social.

Puis on nous a appris que la libert&eacute;, &ccedil;a n&rsquo;existait pas, qu&rsquo;il y avait des libert&eacute;s et que les libert&eacute;s elles-m&ecirc;mes n&rsquo;avaient de sens que dans le concept de propri&eacute;t&eacute;. Que le droit et les lois qui &eacute;laborent ces libert&eacute;s ne seraient pas ceux du plus fort mais une r&eacute;f&eacute;rence qui ferait abstraction des in&eacute;galit&eacute;s et qui placerait tout le monde sur un m&ecirc;me pied d&rsquo;&eacute;galit&eacute;. Que les rapports sociaux doivent &ecirc;tre codifi&eacute;s par des textes, que chaque geste, que chaque probl&egrave;me ne peut s&rsquo;exercer ou se r&eacute;gler en dehors de l&rsquo;arbitrage de l&rsquo;&Eacute;tat : un diff&eacute;rent avec un voisin se r&egrave;gle avec un juge de proximit&eacute;, traverser la route n&eacute;cessite une codification, une insulte &agrave; un professeur peut conduire devant les tribunaux.

Parler de libert&eacute;s au pluriel est un non-sens, la libert&eacute; n&rsquo;est pas une marchandise quantifiable, la libert&eacute; ne peut &ecirc;tre que toute la libert&eacute;. Un morceau de libert&eacute; n&rsquo;est pas la libert&eacute;.

Puis on nous a appris que la s&eacute;curit&eacute;, l&rsquo;omnipr&eacute;sence du droit et des lois &eacute;taient la garantie, le pendant de ces libert&eacute;s. Qu&rsquo;une vie libre &eacute;tait une vie prot&eacute;g&eacute;e de toute la menace ext&eacute;rieure, que l&rsquo;ext&eacute;rieur &eacute;tait fondamentalement une menace.

Cette s&eacute;curit&eacute;, celle des poss&eacute;dants, petits comme grands, nous la vomissons : cette s&eacute;curit&eacute;, c&rsquo;est une mort lente. Merci bien...

SOMMAIRE

PROC&Egrave;S DE PHILIPPE EL SHENNAWY pages 4 &agrave; 15
Compte-rendu
Psychologisation fr&eacute;n&eacute;tique
UMD : &laquo; c&rsquo;est pour &ccedil;a qu&rsquo;il fallait que je m&rsquo;&eacute;chappe... &raquo;
De l&rsquo;irresponsabilit&eacute; p&eacute;nale &agrave; la responsabilit&eacute; punitive

JUSTICE PARTOUT pages 16 &agrave; 18
Marc machin contre la machine
La machine &agrave; coupables

Y A DES LETTRES QUI SE PERDENT page 19

LUTTES DE PRISONNIERS pages 20 &agrave; 25
Y a du baston dans la taule
Mouvement au quartier femmes &agrave; Dijon
&laquo; Non aux murets dans les parloirs &raquo;

CHAQUE &Acirc;GE SACCAGE SA CAGE pages 26 &agrave; 30
Les prisons pour enfants
Fich&eacute;s &agrave; la base
&Eacute;coliers sous contr&ocirc;le

SANS-PAPIERS EN LUTTE pages 31 &agrave; 37
En gr&egrave;ve dehors, en gr&egrave;ve dedans
Nouvelles du contr&ocirc;le des flux

NI TERROS... NI MARTYRS... pages 38 &agrave; 44
Terreur sur la ville
Briser les prismes de l&rsquo;&Eacute;tat
Quelques &eacute;l&eacute;ments juridiques
Garde &agrave; vue
T&eacute;moignages

UNE PEINE DANS LA PEINE page 45

LA SURVEILLANCE DE S&Ucirc;RET&Eacute; page 46
Comment la loi Dati tente de passer outre le principe de non-r&eacute;troactivit&eacute;
Fresnes : r&eacute;tention de s&ucirc;ret&eacute; et soins al&eacute;atoires

INFOS page 49
&laquo; Quand la vie priv&eacute;e sera hors-la-loi, seuls les hors-la-loi auront une vie priv&eacute;e &raquo;
Bouygues construit pour vous

PLUS QUE JAMAIS L&rsquo;ASSUJETTISSEMENT EST DE MISE page50

CONTACTS page 51


Posted by nidieunimail.com on May 21, 2008

L&rsquo;ENVOLEE N&deg;22

http://lejournalenvolee.free.fr/

EDITO

A chacun sa taule

Cette ann&eacute;e, l&rsquo;&eacute;tat n&rsquo;a pas l&eacute;sin&eacute; sur les &eacute;trennes : on enfermera plus longtemps, on surveillera et on r&eacute;primera plus largement. M&ecirc;me si &laquo; les caisses sont vides &raquo;, ils ne sont pas avares, au gouvernement : pour les jeunes, une nouvelle prison &agrave; Orvault, et deux de plus d&rsquo;ici peu (Meaux et Porcheville) ; pour les prisonniers classifi&eacute;s dangereux, une cure illimit&eacute;e dans des centres de r&eacute;tention de s&ucirc;ret&eacute;. Les parlementaires ont sign&eacute; : vous reprendrez bien quelques ann&eacute;es de plus ! Sans oublier ceux qui ont fait de la route : cadeau de bienvenue, une bonne rafle, un centre de r&eacute;tention et un billet retour. Fallait le savoir avant : le carton d&rsquo;invitation est obligatoire. Ajoutez ceux qui n&rsquo;ont pas vu un feu rouge et vous comprendrez que les h&ocirc;tes manquent de place - mais pas d&rsquo;id&eacute;es : on l&rsquo;a vu, ils ont construit des &eacute;coles-prisons, des hopitaux-prisons, des maisons-prisons (ils appellent &ccedil;a les &laquo; arr&ecirc;ts domiciliaires : tu restes chez toi , mais t&rsquo;es en prison)... on attend les cr&egrave;ches-prisons pour les d&eacute;linquants en bavoir.
Contrairement &agrave; ce que pr&eacute;tendent les gestionnaires de l&rsquo;enfermement, &ccedil;a ne videra en aucun cas les taules, qui continueront de se remplir au fur et &agrave; mesure de l&rsquo;application des lois, de la multiplication des jugements et du mart&egrave;lement de l&rsquo;&eacute;vidence des vertus de la prison : si la soci&eacute;t&eacute; va mal, c&rsquo;est &agrave; cause de ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas ob&eacute;ir &agrave; ses r&egrave;gles ; c&rsquo;est eux qu&rsquo;il faut &agrave; tout prix enfermer.
Et le consensus fonctionne, c&rsquo;est le moins que l&rsquo;on puisse dire : on cr&egrave;ve dans les prisons, c&rsquo;est la vie ; on confond soins et peines, c&rsquo;est le progr&egrave;s ; les humanistes fournissent des alibis aux pires exactions, c&rsquo;est la d&eacute;ontologie. Le secteur m&eacute;dical et le secteur &eacute;ducatif sont d&eacute;sormais inscrits dans la machine judiciaire et carc&eacute;rale au m&ecirc;me titre que les juges et les matons. Les m&eacute;decins ont maintenant le pouvoir de &laquo; prescrire &raquo; des peines, et les &eacute;ducateurs celui de fermer des cellules.
R&eacute;sultat des courses : un adolescent se suicide &agrave; l&rsquo;EPM (&eacute;tablissement pour mineurs) de Meyzieux ; on l&rsquo;a lu dans la presse, tout le monde a bien fait son travail : faire exister l&rsquo;insupportable.
C&rsquo;est &agrave; ceux qui refusent, qui continuent de dire non aux aux enfermements, ceux qui, avec leurs moyens, s&rsquo;opposent aux EPM, aux rafles, aux projets de peine perp&eacute;tuelle, de construire les rapports de forces n&eacute;cessaires.



SOMMAIRE

LA PRISON TUE pages 4-5
LA MORT DE &laquo; LU &raquo; &Agrave; FRESNES

LES TENDANCES CARCERALES pages 6-9
LE COR ; LE BRACELET ELECTRONIQUE

CRIMINELS A PERPETE pages 10-12
LA RETENTION DE SURETE
LE MEDICAL DE SURETE

ABOLITION DE LA PERPETE pages 13-16
LE MOUVEMENT DES PRISONNIERS ITALIENS

METS DE L&rsquo;HUILE pages 17-19
LE RAPPORT DU CPT

LA PRISON TUE ENCORE pages 20-25
LE RAPPORT DE LA CNDS SUR LA MORT D&rsquo;ERIC BLAISE

A CHACUN SA TAULE pages 26-27
RETOUR SUR SIX MOIS D&rsquo;EPM

PRISONS POUR ETRANGERS page 28-35
RETOUR SUR DEUX MOIS DE LUTTES/CHRONOLOGIE
QUAND JE DIS RETENTION, Y&rsquo;A PRISON QUI VA AVEC
POLITIQUE DU CHIFFRE
ARRESTATIONS DANS LE 94, QUELQUES PRECISIONS
22, V&rsquo;LA LA JUSTICE

POLICE PARTOUT, JUSTICE PAREIL page 36-41
VILLIERS-LE-BEL ET LE CONTROLE DES QUARTIERS POPULAIRES
T&Ecirc;TE DE TURC, TEMOIGNAGE DE FATHIA
LA FABRIQUE DU COUPABLE, TEMOIGNAGE DE RENE SALA&Uuml;N

INFOS pages 42-44
LES NOUVEAUX SITES, LIVRES, LES NOUVELLES EMISSIONS
CONTACTS
EXTRAIT DE MARCHE DE NUIT SANS LUNE DE AH BENOTMAN

t&eacute;l&eacute;chargez le num&eacute;ro en pdf sur

http://lejournalenvolee.free.fr/


Posted by nidieunimail.com on February 27, 2008

KALIMERO : communiqu&eacute;
Solidarit&eacute;

Solidarit&eacute;

Il y a tant de raisons de se r&eacute;volter contre ce monde, rien d'&eacute;tonnant donc si certains, certaines le font et agissent. L'Etat, aid&eacute; par les journalistes et tous les garants de l'ordre existant (syndicats et partis en premi&egrave;re ligne), r&eacute;pond g&eacute;n&eacute;ralement en montrant du doigt une partie des r&eacute;volt&eacute;s qu'il enferme dans des cat&eacute;gories cr&eacute;&eacute;es pour l'occasion : les &eacute;meutiers se r&eacute;sument &agrave; la "racaille", comme la d&eacute;brouille devient de la "criminalit&eacute; organis&eacute;e", et retenir un patron peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme une "prise d'otages"... Tous rapports de causalit&eacute; sociale et politique disparaissent, ne laissant place qu'&agrave; des &ecirc;tres m&eacute;chants ou fous-furieux, auxquels personne ne pourrait s'identifier.

Des spectres hantent le monde

Ces diff&eacute;rentes d&eacute;signations d' "ennemis int&eacute;rieurs" servent &agrave; s&eacute;parer, &agrave; isoler du reste de la soci&eacute;t&eacute; celles et ceux qui s'opposent &agrave; la bonne marche du syst&egrave;me et percent la lourde chape de la pacification d&eacute;mocratique. Il s'agit de cr&eacute;er un consensus contre eux pour les r&eacute;primer plus facilement. Instiller la peur est de longue date pour l'Etat une mani&egrave;re de souder la soci&eacute;t&eacute;. Cela lui permet de se renforcer en se posant en protecteur ... au besoin par la terreur. La r&eacute;volte se diffuse en novembre 2005 et c'est l'&eacute;tat d'urgence, le GIGN et le RAID sont envoy&eacute;s de plus en plus souvent pour mater les r&eacute;calcitrants. A intervalles r&eacute;guliers, on nous ressort aussi la figure "du terroriste", pratique pour pr&eacute;senter des "monstres" aux actes incompr&eacute;hensibles et totalement "&eacute;trangers" au commun des mortels. La notion de "terrorisme" dont dispose l'Etat est suffisamment large pour qu'il puisse l'appliquer &agrave; son gr&eacute; face &agrave; certaines situations. Ainsi, deux faits compl&egrave;tement similaires pourront &ecirc;tre qualifi&eacute;s ou pas de "terroriste". Cela a bien s&ucirc;r des cons&eacute;quences sur le traitement policier et judiciaire : prolongement de garde-&agrave;-vue pouvant aller jusqu'&agrave; 6 jours, difficult&eacute; accrue pour voir un avocat, puis pour pr&eacute;parer la d&eacute;fense...

Crapules ou paranos ?

Aujourd'hui, beaucoup font des pieds et des mains pour se d&eacute;marquer des suspect&eacute;s, inculp&eacute;s ou condamn&eacute;s. Que ce soit en proclamant n'avoir rien en commun avec ceux qui sont sous le coup de la justice, en ressassant les th&eacute;ories sur la manipulation ou en employant les cat&eacute;gories du pouvoir (criminels, terroristes, psychopathes), ils font exactement le jeu que l'Etat attend d'eux. Peut-&ecirc;tre pensent-ils ainsi appara&icirc;tre comme plus responsables et plus l&eacute;gitimes, et - qui sait - devenir des interlocuteurs de choix de l'Etat. En effet, reprendre les cat&eacute;gories polici&egrave;res : les "bons manifestants" et les "m&eacute;chants casseurs", les gr&eacute;vistes "responsables" et ceux qui ne respectent m&ecirc;me plus leur outil de travail, etc, revient &agrave; dire qu'il faut agir exclusivement selon les r&egrave;gles du jeu impos&eacute;es par notre adversaire. Quand les &acirc;mes bien-pensantes disent &laquo; la r&eacute;volte, oui certes. Mais pas comme &ccedil;a et pas maintenant. &raquo;, elles la repoussent encore &agrave; de lointains ailleurs ou un hypoth&eacute;tique avenir. Et elles continuent &agrave; pr&eacute;senter des actes de rebellion concr&egrave;te et r&eacute;elle comme "&eacute;trangers". Affirmer qu'il est inconcevable que des gens s'opposent directement &agrave; l'ordre existant, c'est dire &agrave; demi mot qu'il n'y a pas de r&eacute;volte sociale possible. Chercher &agrave; coller aux r&eacute;voltes un visage, une identit&eacute;, une structure, c'est faire un travail de flic ; leur inventer des meneurs, une source de financement occulte, des ficelles tir&eacute;es dans l'ombre, c'est nier qu'elles n'ont souvent besoin que de moyens rudimentaires et de d&eacute;termination.

Forger et utiliser ses propres moyens de lutte placerait-il de fait en-dehors du champ des luttes sociales ? C'est le discours que tiennent l'Etat et ses relais directs car ils d&eacute;fendent leurs int&eacute;r&ecirc;ts&hellip; Cependant, il semble plus &eacute;trange de constater &agrave; quel point il est int&eacute;gr&eacute; chez la plupart des personnes qui prennent part aux mouvements de lutte. Chacun devrait avoir &agrave; l'esprit que plus l'Etat, sa justice et sa police, restreignent le champ de ce qui est permis, plus celui de l'ill&eacute;galit&eacute; s'&eacute;tend au point de s'immiscer dans l'ensemble de nos faits et gestes. Ne pas se satisfaire des crit&egrave;res &eacute;dict&eacute;s par l'Etat et ses acolytes, n'est pas faire preuve d'un esprit de transgression &laquo; extraordinaire &raquo;, c'est simplement se donner la possibilit&eacute; d'agir au quotidien.

Contre toutes les prisons

Aujourd'hui, de mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, la taule est une arme aussi banalement appliqu&eacute;e contre la conflictualit&eacute; sociale que le coup de matraque ou le lacrymog&egrave;ne. La prison n'est pas qu'un lieu o&ugrave; l'on enferme pour d&eacute;truire m&eacute;thodiquement le d&eacute;viant, c'est aussi une id&eacute;e distill&eacute;e dans tout le corps social, une menace qui doit produire que chacun se tienne tranquille. Elle est l'aboutissement des techniques d'isolement et de s&eacute;paration. De plus en plus nombreux sont celles et ceux qui finissent enferm&eacute;s derri&egrave;re des murs et des portes bien v&eacute;rouill&eacute;s par des cercles concentriques de matons, de juges, de flics, de journalistes, de syndicalistes responsables. Arracher l'individu &agrave; ses relations, s&eacute;parer chaque corps par l'encellulement et aussi isoler une partie des prol&eacute;taires que l'on enferme des autres, rest&eacute;es &agrave; l'ext&eacute;rieur : voil&agrave; la technique et la fonction du syst&egrave;me carc&eacute;ral. Et si la solidarit&eacute; est l'arme la plus efficace contre la r&eacute;pression - et la prison en particulier - c'est parce qu'elle est l'exact contraire de ces s&eacute;parations.

Solidarit&eacute; !

Kalimero Paris

Kalimero est un collectif et une caisse de solidarit&eacute;. Il a pour objet de collecter des sous pour les prisonniers ainsi que de se rencontrer pour discuter des diff&eacute;rentes situations. Une fois par mois se tiennent une r&eacute;union et une auberge espagnole (apporter &agrave; boire et &agrave; manger).

En prison on a besoin d'argent pour se procurer les denr&eacute;es de base (sel, sucre, timbres, tabac, etc.). Pour permettre aux personnes incarc&eacute;r&eacute;es de satisfaire ces besoins &eacute;l&eacute;mentaires, nous souhaitons leur envoyer des mandats mensuels de 120 euros. Une caisse de solidarit&eacute; a besoin de continuit&eacute;. Nous n'avons ni sponsor, ni m&eacute;c&egrave;ne, aussi avons-nous convenu d'un rendez-vous par mois pour collecter des sous afin d'alimenter la caisse. Ces rencontres sont &eacute;galement l'occasion d'&eacute;changer des informations, d'assurer le suivi des diff&eacute;rentes histoires et de discuter des situations qui se pr&eacute;sentent. Dans un souci de r&eacute;gularit&eacute;, ces rencarts ont &eacute;t&eacute; fix&eacute;s une fois par mois &agrave; 18h pour la r&eacute;union et &agrave; 20h pour une auberge espagnole. Pour envoyer de l'argent et pour &ecirc;tre tenus au courant des prochains rendez-vous de kalimero, vous pouvez demander &agrave; &ecirc;tre inscrit sur la mailing list de kalimero en &eacute;crivant &agrave; kalimeroparis@gmail.com ou consulter indymedia paris (logo en haut &agrave; gauche).

Le n&deg; de compte pour faire un virement : 10278 06137 00020471901 cl&eacute; 07

Sinon chacun peut d&eacute;poser de l'argent en liquide dans toutes les agences du Cr&eacute;dit Mutuel en donnant ce n&deg; : 06137 00020471901


Posted by nidieunimail.com on February 21, 2008

Communiqu&eacute; des gr&eacute;vistes de la faim du centre de r&eacute;tention de Vincennes, le mercredi 20 f&eacute;vrier 2007

Nous avons l'honneur de vous informer que l'on vit une situation tr&egrave;s difficile et catastrophique. Le manque de la moindre des choses, la nourriture, les chambres sans chauffage, pas d'eau chaude, l'hygi&egrave;ne, les provocations des services de l'ordre et la chose la plus importante : la privation de notre libert&eacute;. Dans le centre de r&eacute;tention des chambres ont &eacute;t&eacute; incendi&eacute;es. Un coran a &eacute;t&eacute; d&eacute;chir&eacute; par les CRS. On a pas eu de r&eacute;ponse satisfaisante &agrave; notre &eacute;gard de monsieur le procureur de la r&eacute;publique. Apr&egrave;s notre t&eacute;moignage, c'est comme si rien ne s'&eacute;tait pass&eacute;. Quand nous sommes malades, les m&eacute;decins ne nous donnent que du doliprane et des cachets pour dormir. On a 90% des d&eacute;tenus qui sont musulmans, ils nous servent de la viande pas hallal. Apr&egrave;s trop de demande et des gr&egrave;ves, personne ne nous a &eacute;cout&eacute;. Le manque de courtoisie bien que nous sommes dans un centre de r&eacute;tention et pas p&eacute;nitentiaire, mais c'est le contraire qu'on subit et de cela on garde un sentiment de m&eacute;pris.

Pour toutes ces raisons nous demandons &agrave; tous les medias qu'ils soient au courant et qu'ils &eacute;coutent les t&eacute;moignages des retenus. Nous exigeons notre lib&eacute;ration et nous commen&ccedil;ons une gr&egrave;ve de la faim qui durera un d&eacute;lai de 4 jours. Notre place n'est pas ici mais dehors.

Les gr&eacute;vistes de la faim du centre de r&eacute;tention de Vincennes

(texte dict&eacute; au t&eacute;l&eacute;phone depuis le centre de r&eacute;tention de Vincennes)

fermeturetention@yahoo.fr


Posted by nidieunimail.com on February 07, 2008
Arrestations dans le 94 pour un fumigène : quelques précisions

Le 19 janvier dernier, trois personnes sont arrêtées dans le Val-de-Marne en possession d'un fumigène « fait maison », de quelques pétards et de clous tordus. Ces personnes étant fichées aux RG, s'ensuit une garde-à-vue de 48 heures, une perquisition qui ravage un appart, la prison pour deux des interpellés, une libération sous contrôle judiciaire pour le troisième en attente d'un procès. La section anti-terroriste s'est déplacée pour la perquisition mais ne se saisit pas de l'affaire qui reste du domaine correctionnel. Une enquête est ouverte pour association de malfaiteurs, détention et transports d'engins incendiaires ou explosifs en vue de détruire des biens ou de commettre des atteintes aux personnes. Ce fichage et le fait qu'elles ont refusé en garde-à-vue de se soumettre à la « signalisation » (photos, empreintes, ADN) a entraîné ce montage judiciaire très décalé par rapport aux faits. Dans les jours qui ont suivi, les medias en ont encore rajouté coups de titres racoleurs comme dans Le Parisien du 22 janvier « Les anarchistes transportaient une bombe en kit » ou dans l'article du Monde du 2 février. La méfiance vis-à-vis de ce que l'on peut lire dans les medias bourgeois est une évidence depuis toujours, ça l'est encore plus quand les informations proviennent comme ici de fuites policières et relaient la version judiciaire à charge dans cette affaire. Gardons à l'esprit que les copains en taule ne peuvent pas s'exprimer, il est donc essentiel de revenir un peu sur les faits, en connaissance de cause.

Les personnes arrêtées ce jour-là se rendaient à la manifestation contre les centres de rétention qui avait lieu depuis Porte Dorée en direction du centre de rétention de Vincennes. Depuis un mois et demi maintenant, de nombreuses actions et mobilisations ont lieu contre ces centres de rétention, venant des retenus (refus du comptage, émeutes à l'intérieur, grèves de la faim, incendies) comme de l'extérieur (rassemblements, manifestations). Ces rassemblements notamment à Vincennes ont été marqués à plusieurs reprises par l'utilisation de fumigènes, de feux d'artifices et autres pétards pour dérouter la police et signaler aux retenus qui luttent à l'intérieur l'existence de mobilisations à l'extérieur. Rappelons-nous entre autre du 31 décembre où peu après minuit, un feu d'artifice avec fusées, pétards et fumigènes eut lieu près du centre de Vincennes. Il y eut également une manifestation le 3 janvier, une le 5, puis le 19 et encore très récemment le 2 février. Certaines ont réuni plusieurs milliers de personnes et toutes ont donné lieu à l'utilisation de feux d'artifices, de fumigènes ou de pétards. Quant aux « clous tordus » cités par les journaux, ils nous rappellent plutôt des crève-pneus que l'on laisse sur la route pour crever les pneus, des voitures de police et des camions cellulaires de préférence. Ils ont aussi déjà été utilisés plusieurs fois, notamment lors du rassemblement du 31, et nous étions plusieurs à en avoir dans nos poches lors de la manif du 19.

Nous ne cherchons pas ici à adopter un discours de l'innocence, nous savons bien que ce que nous venons de décrire est délictuel, au même titre que n'importe quel rassemblement non-déclaré en préfecture ou que le fait de courir quand la police veut nous arrêter (rébellion). La lutte nous place presque immédiatement dans l'illégalisme. Nous voulons rappeler le contexte de mobilisation politique dans lequel ces arrestations ont eu lieu. Nous voulons aussi dénoncer le montage policier et judiciaire à charge, dénoncer le fait qu'un fumigène et des crève-pneus envoie directement en taule et fait presque basculer dans « l'anti-terrorisme », un concept qui s'applique à de plus en plus de situations.

Cette construction judiciaire a des objectifs évidents : isoler, diviser et faire taire. Isoler les gens arrêtés du reste du mouvement en les qualifiant de « junior terroriste » irresponsables et déconnectés du reste de la société et des mouvements de lutte et de révolte qui la traversent. Faire taire en inspirant la peur à ceux qui luttent. Faire taire un mouvement qui grossit et qui dérange politiquement en se battant pour la fermeture des centres de rétention. Faire taire tous ceux qui luttent contre l'enfermement et le traitement que l'Etat fait subir en France aux classes populaires et aux étrangers. Faire taire en montrant que participer à ces luttes peut envoyer directement à Fresnes ou à Villepinte. Les précédentes manifestations, notamment celle du 5 janvier, avaient déjà été tendues et ponctuées d'échauffourées, notamment lorsque des centaines de personnes ont investi le parking du centre de rétention de Vincennes pour se rapprocher des retenus et échanger avec eux des cris de « Liberté », il y avait d'ailleurs déjà eu des arrestations. Les arrestations du 19 janvier doivent donc être replacées dans le contexte de cette lutte contre les centre de rétention qui a rassemblé dernièrement des milliers de personnes.

La détention de fumigènes et de crève-pneus qui vaut à deux personnes d'être actuellement emprisonnées et leur utilisation sont des pratiques partagées qui font parti de ce mouvement. Il est primordial que tous les gens qui participent ou se sentent solidaires de cette lutte n'oublient pas les copains incarcérés et leur manifeste soutien et solidarité, notamment en relayant l'information, en diffusant ce texte, en en écrivant d'autres ou par d'autres moyens. Parce que nous mobiliser collectivement quand on nous attaque nous rend certainement plus fort que de se replier chacun dans son coin, ne laissons pas la répression s'abattre dans le silence et l'anonymat.

SOLIDARITE AVEC LES CAMARADES INCARCERES FERMETURE DES PRISONS ET DES CENTRES DE RETENTION

Posted by nidieunimail.com on January 24, 2008
un petit guide qui a sauvé la mise...

http://sanspapiers.winterhost.org/

Cette brochure, terminée fin 2007, a été écrite à partir d’expériences des luttes des dernières années. Actuellement et depuis 2003, la durée maximum de rétention est de 32 jours. Dans le cadre d’une politique commune d’immigration au niveau européen, l’Etat français veut rallonger cette durée de plusieurs mois. Une nouvelle loi sera débattue courant 2008. Les procédures juridiques encadrant l’expulsion ne seront pas forcément modifiées. Les parties de cette brochure concernant l’arrestation, la garde-à-vue et les tribunaux resteront donc en principe valables. La principale conséquence d’une nouvelle loi sur la durée de rétention est l’allongement du temps dont disposera l’administration pour trouver l’identite des sans-papiers et pour obtenir les laissez-passer consulaires, donc pour expulser. Rester sous une fausse identité ou convaincre un consul de ne pas signer de laissez-passer sera certainement plus difficile mais pas impossible. Aussi, faudra-t-il envisager de nouveaux moyens de lutte et se les communiquer.

Posted by nidieunimail.com on December 22, 2007
octobre 2007

L’ENVOLEE N°21 (HOPITAL-PRISON,PRISON-HOPITAL)

EDITO La prison serait-elle en passe de connaître ses derniers jours ? La justice pénale deviendrait-elle un mauvais souvenir, une pratique d’un temps révolu ? Car nous n’avons pas rêvé : nous avons bien entendu le mot « dépénalisation » martelé par le gouv ernement, les parlementaires, les médias... comme si les tenants du pouvoir avaient décidé d’un commun accord de saper un des piliers de leur système économique et politique. Et non, tout faux : ils ont juste décidé de revoir le droit des affaires en supprimant les sanctions pénales. Cette dépénalisation se résume donc à : pas de cols blancs en prison. Cela rappelle en passant aux adorateurs d’une justice juste, égale pour tous, que la loi est encore et toujours celle du plus fort ; car ce projet de protéger les « délinquants » des rigueurs judiciaires et carcérales ne concerne que les riches, les patrons, les décideurs, enfin tous ceux qui doivent pouvoir continuer à exploiter à gogo, à détourner les biens publics sans risquer d’être inquiétés comme le furent une poignée d’entre eux. Le Parlement prévoit donc d’adopter cette modification du code pénal : à ses bons sujets, le système capitaliste reconnaissant. Il faut dire qu’en autorisant les témoignages anonymes, la loi Perben 2 de 2002 avait entraîné quelques nouveaux scandales fin a nciers : les politiques et les patrons s’étaient honteusement dénoncés entre eux (affaires Elf, Clearst ream...). Pour contrecarrer cet « esprit de vengeance » et remettre un peu d’ordre dans la jungle des intérêts d’individus toujours prêts à se balancer pour se piquer leurs places, le gouvernement prévoit depuis août 2007 un « nouveau projet de loi sur les lettres anonymes » : le témoignage sous X ne s’appliquera plus aux délits financiers ; il se limitera à son objet initial, briser « l’omerta dans les banlieues ». Autrement dit, inciter les pauvres à balancer leurs proches, leurs voisins, contre de maigres récompenses, histoire de séparer et d’individualiser encore un peu plus. Unir les possédants et diviser les exploités, cela a toujours été le travail de l’Etat. L’avantage, quand le pouvoir se sent tout permis et ne prend plus aucune précaution, c’est que débarrassés de tout faux-semblant, les rapports d’exploitation qui régissent la société crèvent les yeux. Comment ne pas comprendre que la justice est à vomir, que les lois sont nos prisons, que nous n’avons rien à attendre de leurs aménagements, ou de leurs évolutions.

SOMMAIRE

EN GUISE DE SOUTIEN À PASCAL PAYET Rappel de son histoire, suivi d’un texte paru sur son blog pages 4-6 CONTRE L’EXTRADITION DE MARINA PETRELLA page 6 (non disponible en pdf pour l’instant) L’ENVOLEE JUGEE EN APPEL SANS AVOCAT page 7 RETOUR À SEQUEDIN Rappel des faits, extait d’une affiche et lettre de Xavier pages 8-9 DE LA DÉSOBÉISSANCE CRIMINELLE pages 10-11 COURRIER Lettre de Nino page 12 TÉMOIGNAGE DE FARID NACER Extraits d’une lettre pages 12-13 EN ITALIE COMME À CLAIRVAUX Des perpètes réclament la peine de mort pour eux-mêmes page 14 COURRIER Lettre de Lolo et Lettre d’André Allaix envoyé à la direction de Saint-Maur pages 14-15 LE PLANCHER DES VACHES Actualités sur les peines plancher page 16 DOSSIER : PSYCHIATRIE ET PRISON

- La folie qu’on enferme pages 17-18

- La société qui rend fou pages 19-20

- Le comportementalisme. SAGE comme des images. Le DSM. Comment Dominique nous nique pages 21-24

- Les hôpitaux psychiatriques se vident. Extraits de « Bienvenue en enfer » de Clarence Cooper, 1967 pages 25-27

- Qui entre à Armentières entre en enfer, histoire de Serge Ferraton pages 28-29

- Armentières 2007 épilogue pages 30-31

- Comptes de la folie ordinaire page 32

- « Avec le traitement, ce qui fait le plus mal, c’est de ne plus ressentir d’amour pour les autres » Jacques page 33

- “Traitements”, cachets et électricité pages 34-36

- Les prisons se remplissent pages 37-38

- Serge Philippe Dignon décrit sa détention psychiatriquepages 38-45

- Description des structures d’enfermement pages 39-45

- Témoignage et analyse de Philippe El Shennawy pages 46-48

- Folie et délinquance pages 48-49

- En cabane au Canada pages 50-52

- La prison qui rend fou pages 53-54

- Dangerosité disent-ils pages 55-56

- Massacre à la victime page 57 LE RAPPORT DE LA CNDS SUR LA MORT D’ÉRIC BLAISE. DIVERS page 58 CONTACTS page 59

Le journal l'envolée est téléchargeable en pdf sur:http://lejournalenvolee.free.fr/

Posted by nidieunimail.com on December 03, 2007
« Nous, prisonniers à perpétuité, avons décidé de ne plus manger à partir du 1er décembre. Ne nous laissez pas seuls, nous avons besoin de votre solidarité. »

Appel des condamnés à perpétuité de la prison de Spoleto

En Italie, un mouvement de grève de la faim a commencé le 1er décembre 2007 pour exiger l'abolition de la peine de réclusion à perpétuité.

Sur 1294 condamnés à perpétuité, 755 ont décidé d'y participer ainsi que 8400 prisonniers, parents et sympathisants ; certains ont choisi de faire cette grève de la faim par rotations hebdomadaires mais une quarantaine d'entre eux ont d'ores et déjà annoncé leur intention de la poursuivre jusqu'au bout. D'autres ont décidé d'exprimer leur solidarité par des moyens différents.

Dans la foulée de l'abolition de la peine capitale, l'assemblée constituante italienne de 1948 avait voté l'abolition de la réclusion à perpétuité mais cette décision n'a jamais été appliquée. Depuis, elle a toujours été une des principales revendications des prisonniers en lutte.

Le mouvement actuel fait suite à la demande collective de 310 condamnés à perpétuité des prisons italiennes qui exigeaient en juin dernier le rétablissement de la peine capitale pour eux-mêmes : « fatigués de mourir un peu chaque jour, nous avons décidé de mourir une bonne fois. » Il y a un an, en France, dix condamnés à de longues peines incarcérées à la centrale de Clairvaux avaient réclamé le rétablissement de la guillotine pour eux-mêmes : c'était une façon pour eux de révéler que dans les prisons, on enterre vivant.

Les peines ne cessent de se multiplier et de s'allonger ; il y a toujours plus de condamnations à vingt, vingt-cinq, trente ans, et à la perpétuité réelle, assorties de périodes de sureté toujours plus longues et de possibilités d'aménagement toujours plus hypothétiques.

Une journée de prison est une peine déjà trop longue. Les spécialistes institutionnels eux-mêmes s'accordent à dire qu'au-delà de douze ans, la réclusion n'a d'autre effet que la destruction des prisonniers ; c'est donc en toute connaissance de cause que les états traitent la question sociale par l'élimination.

Au moment même où l'union européenne se lance dans une campagne internationale contre la peine de mort, stigmatisant tant la Chine que les USA, l'harmonisation actuelle des politiques pénales européennes lui a substitué des peines jusqu'à la mort.

En solidarité avec les prisonniers en lutte, nous occupons aujourd'hui les locaux de L'ANSA à Paris. Des actions ont déjà été menées en Italie et ailleurs ; d'autres suivront.

03 décembre 2007 Collectif du 99/99/9999

( date de fin de peine inscrite sur les certificats de détention des condamnés à perpétuité en Italie...)

Posted by nidieunimail.com on September 18, 2007
Le journal L'ENVOLÉE PRISONS

J'en ai marre de voir condamner l'assassin amateur par des assassins professionnels. C'est à en pleurer, c'est à en vomir, c'est à en souhaiter la fin du monde... Serge Coutel

Le numéro 20 du journal anticarcéral "L'envolée" est sorti... disponible en papier ici et là... à vous de le trouver... et en PDF sur : http://lejournalenvolee.free.fr/

A l'heure où les syndicats de matons s'inquiètent pour leur sécurité en période estivale ; où les premiers Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs "s'ouvrent" et leurs jeunes prisonniers se révoltent déja ; où une trés bellle "belle" fait la une des journaux ; et où, bien sûr, le président Sarkozy fait voter ce pour quoi il a été élu... voici l'édito et le sommaire du numéro de juin-juillet, pour en finir avec toutes le prisons...

L'ENVOLEE N°20 EDITO Pas de changement, une continuité. Les réformes annoncées depuis longtemps vont être votées et appliquées. Dans un contexte antisocial, sécuritaire oblige, un premier lot concerne directement les questions carcérales et judiciaires. Les peines planchers (une peine minimum imposée dès la deuxième infraction du même type) et la restriction de l'excuse de minorité (les mineurs seront jugés comme des majeurs) sont les deux gros chantiers entrepris par la nouvelle garde des Sceaux. Ils ne sont pas une grande innovation en la matière, ils formalisent ce qui était déjà l'usage. La récidive légale (le fait de réitérer un même délit dans un laps de temps donné) a toujours permis aux juges de prononcer des peines plus lourdes, le casier judiciaire a toujours servi d'échelle pour le calcul des peines. Les magistrats protestent... Une coquetterie si l'on se rappelle que les juges qui n'ont pas appliqué cette règle de la démultiplication des peines sont bien rares. Les flics, eux, ne s'y sont pas trompés. Ils déplorent que le nouveau gouvernement n'ait pas proposé ce dont Sarkozy avait parlé lors de son long passage à l'Intérieur : punir, non pas la récidive légale, mais la réitération (la récidive à l'américaine, sans distinction entre les délits). Qui peut s'étonner qu'une fois les EPM construits, on ne se donne pas les moyens de les remplir ? Qui pourra s'étonner de l'ouverture prochaine des centrales de haute sécurité, tombeaux vivants pour les condamnés à des peines éliminatrices ? Qui pourra être surpris par un nouveau réveil des quartiers populaires ? Se battre contre l'enfermement, c'est se battre contre le monde qui le génère, contre cette société capitaliste qui cherche encore et toujours à faire croire que les profits sont accessibles à tous, mais à condition de les mériter. Notre plus grande défaite serait de croire une seconde que nous aurions quelque chose à gagner à nous ranger aux côtés des maîtres. Il n'y a pas de récidivistes, laissons ce vocabulaire aux funestes publicitaires ; il y a les parcours de milliers de personnes qui essaient de « s'en sortir », et qui paient le plus souvent leurs « délits » en années de prison . Il n'y a pas de « mineurs délinquants », il y a des enfants qui ont compris très tôt que, dans ce monde, rien ne leur sera accessible. L'adage vieux de plus d'un siècle est toujours d'actualité : mêler les forces de tout ceux pour qui « le droit de vivre ne se mendie pas mais se prend ».

SOMMAIRE :

DOSSIER : UN PAVÉ DANS L'URNE LA RUPTURE TRANQUILOU Notes sur les événements consécutifs aux élections et leur représentation policière pages 4-5 « DIMANCHE ? » Extrait d'un tract distribué en manifestation avant le premier tour page 5 QUELQUES-UNS DE LEURS MOTS... Revue de presse sur les "débordements" post-électoraux pages 6-7 ...QUELQUES-UNS DE NOS MAUX Les arrestations et la justice pages 7-8 DU CÔTÉ D'UN COMITÉ ANTI-RÉPRESSION page 8 RADIS EXPLOSIFS ET COURGETTES EXPLOSIVES ! Extrait d'un tract écrit par le Chatô, squatt de Montreuil aprés une perquisition page 9 FIN DE LA PACIFICATION ? Extrait d'une brochure à paraître "Considérations actuelles sur le jet de pierre" page 10 ABCÈS ; 27 mars 2007 Gare du Nord pages 11-12 RÉCITS DE COMPARUTIONS IMMÉDIATES Le 9 mai 2007 à Bordeaux, après le second tour des élections pages 12-14

LETTRE OUVERTE...À UN ESPRIT FERMÉ TOUT en TOUS devient : PEAU-CIBLE page 15-16

JE PEINE À L'ITALIENNE La politique sécuritaine de l'Italie page 42

DES PRISONNIERS DE SEQUEDIN DÉNONÇENT LEURS CONDITIONS DE DÉTENTION pages 17-18

DOSSIER : LES COURS D'ASSISES OU LA POLITESSE DES BOURREAUX Compte-rendu commenté du procès de la tentative d'évasion de Christophe et Cyril Khider, et Mounir Benbouabdellah Encarts sur le fonctionnement d'une cour d'assises (jurés, experts..), interview d'un des avocats, circulaires de l'AP, récits d'autres tentatives d'évasion pages 19-41

PASSE-MURAILLES Interview de Christophe, animateur d'une émission sur les prisons en Belgique pages 43-46

LES EPM FERMENT LEURS PORTES... SUR LES PREMIERS MÔMES pages 42-43

LETTRE OUVERTE AUX ESPRITS NON FERMÉS page 48

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